P.O.V Tom
Ma mère me conduisit à l'aéroport toutes fenêtres ouvertes. La température, à Phoenix, frôlait les 21 degrés, le ciel était d'un bleu éclatant. En guise d'adieux, je portais ma chemise préférée, la blanche sans manches (le tout en XXXXXXL *baveeee*). J'avais mon coupe-vent pour seul bagage à main.
Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au nord-ouest de l'Etat de Washington, une bourgade insignifiante appelée Forks où la couverture nuageuse est quasi constante ; Il y pleut plus que partout ailleurs aux Etats-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que ma mère avait fui en emportant le nourrisson que j'étais alors. C'est là que j'avais dû me rendre, un mois tous les étés, jusqu'à mes 14 ans, âge auquel j'avais enfin osé protester. Ces trois dernières années, mon père, Gordon, avait accepté de substituer à mes séjours obligatoires chez lui quinze jours de vacances avec moi en Californie.
Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent – un acte qui m'horrifiait. Je détestais Forks.
J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville immense.
- Rien ne t'y oblige, Tomme répéta ma mère pour la énième fois avant que je grimpe dans l'avion.
Ma mère me ressemble, si ce n'est qu'elle a les cheveux courts et le visage ridé à force de rire. Je scrutais ses grands yeux enfantins, et une bouffée de panique me submergea. Comment ma mère aimante, imprévisible et écervelée allait-elle se débrouillée sans moi ? Certes, elle avait Phil désormais. Les factures seraient sans doutes payées, le réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et elle aurait quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait.
Pourtant...
- J'en ai envie, répondis-je.
J'ai beau n'avoir jamais su mentir, j'avais répéter cette phrase avec une telle régularité depuis quelques semaines qu'elle eut l'ait presque convaincante.
- Salut Gordon de ma part.
- Je n'y manquerais pas.
- On se voit bientôt, insista-t-elle. La maison te reste ouverte. Je reviendrai dès que tu auras besoin de moi.
Son regard trahissait pourtant le sacrifice que cette promesse représentait.
- Ne t'inquiète pas. Ca va être génial. Je t'aime, maman.
Elle me serra fort dans ses bras pendant une bonne minute, je montai dans l'avion, elle s'en alla.
Entre Phoenix et Seattle, le vol dure 4 heures, auxquelles s'en ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à Forks, en auto. Autant l'avion ne me gêne pas, autant j'appréhendais la route en compagnie de Gordon (son père).
Gordon s'était montré à la hauteur. Il avait parut tellement heureux de ma décision – une première – de venir vivre avec lui à plus ou moins long terme. Il m'avait déjà inscrit au lycée, s'était engagé à me donner un coup de main pour me trouver une voiture (aux Etats-Unis, les jeunes peuvent conduire dès l'âge de 16 ans). Mais ça n'allait pas être facile. Aucun de nous n'est très bavard, et je ne suis pas du genre à meubler la conversation. Je devinais qu'il était plus que perturbé par mon choix – comme ma mère avant moi, je n'avais pas caché la répulsion que m'inspirait Forks.
Quand j'atterris à Port Angeles, il pleuvait. Je ne pris pas ça pour un mauvais présage, juste la fatalité. J'avais d'ores et déjà fait mon deuil du soleil. Sans surprise, Gordon m'attendait avec le véhicule de patrouille. Gordon Kaulitz est le Chef de la police, pour les bonnes gens de Forks. Mon désir d'acheter une voiture en dépit de mes maigres ressources était avant tout motivé par mon refus de me trimballer en ville dans une bagnole équipée de gyrophares bleus et rouges. Rien de tel qu'un flic pour ralentir la circulation.
Gordon m'étreignit maladroitement, d'un seul bras, lorsque, m'approchant de lui, je trébuchai.
- Content de te voir, Tom, dit-il en souriant et en me souriant et en me rattrapant avec l'aisance que donne l'habitude. Tu n'as pas beaucoup changé. Comment va Simone ?
- Maman va bien. Moi aussi, je suis heureux de te voir, papa.
Devant lui, j'étais prié de ne pas l'appeler Gordon.
Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais en Arizona n'étaient pas assez imperméables pour l'Etat de Washington. Ma mère et moi nous étions cotisés pour élargir ma garde-robe d'hiver, mais ça n'avait pas été très loin. Le tout entra aisément dans le coffre.
- Je t'ai dégoté une bonne voiture, m'annonça Gordon une fois nos ceintures bouclées. Elle t'ira comme un gant. Pas chère du tout.
- Quel genre ?
Son besoin de préciser qu'elle m'irait comme un gant au lieu de s'en tenir à « une bonne voiture » m'avait rendue soupçonneux.
- En fait, c'est une camionnette à plateau. Une Chevrolet (j'ai rien contre les Chevrolet !!)
- Où l'as-tu trouvée ?
- Tu te rappelles de Billy Black de La Push ?
La Push est la minuscule réserve indienne située sur la côte.
- Non.
- Il s'en servait pour aller pêcher, l'été.
Ce qui expliquait pourquoi je ne m'en souvenais pas. Je suis plutôt doué pour gommer de ma mémoire les détails aussi inutiles que douloureux.
- Il est cloué sur un fauteuil roulant maintenant, continua Gordon, il ne peut donc plus conduire. Il m'en a demandé un prix très raisonnable.
- De quelle année date-elle ?
Rien qu'à son expression je compris qu'il avait cru pouvoir couper à cette question.
- Euh, Billy a sacrément bricolé le moteur... Elle n'est pas si vieille que ça tu sais.
Il me croyait vraiment con à ce point ?
Voilà jvoidré 100 com's sivouplai... Non ça c'est mon rêve!! 25 com's!!